Coextrusion et matière recyclée : la solution industrielle face au PPWR
L’intégration de matière recyclée post-consommation (PCR) dans les films plastiques n’est plus une option. Avec le règlement européen PPWR (EU 2025/40), elle devient une obligation progressive.
À partir de 2030, les emballages plastiques devront intégrer un minimum de matière recyclée, avec des seuils appelés à augmenter à l’horizon 2040.
La question n’est donc plus : “Faut-il intégrer du recyclé ?”
La vraie question devient : comment le faire sans dégrader la performance ?
Aujourd’hui, la coextrusion apporte l’une des réponses les plus concrètes à cette équation.
Pourquoi intégrer du recyclé reste un défi technique
La matière recyclée post-consommation n’a pas les mêmes caractéristiques qu’une résine vierge. Elle peut présenter :
- une variabilité de viscosité
- une légère perte de propriétés mécaniques
- une teinte moins régulière
- une stabilité thermique différente
Plus le taux de recyclé augmente, plus ces effets deviennent sensibles.
Dans un film plastique où la matière est répartie de manière homogène, intégrer 35 % ou 50 % de PCR impacte directement la résistance à la perforation, la régularité d’épaisseur, la soudabilité ou encore l’aspect visuel. Le recyclé n’est pas le problème. Son intégration sans architecture, oui. C’est précisément là que la coextrusion change la donne.
La coextrusion : organiser la performance
La coextrusion repose sur une logique simple : dissocier les fonctions du film.
Plutôt que de mélanger uniformément la matière recyclée dans toute l’épaisseur, elle permet de structurer le film en plusieurs couches, chacune ayant un rôle spécifique.
Concrètement, il devient possible de positionner la matière recyclée dans une couche intermédiaire, tout en conservant des couches externes en matière vierge. Cette architecture permet de résoudre une partie des contraintes techniques liées au PCR.
Préserver les propriétés de surface
Les couches externes d’un film jouent un rôle clé. Ce sont elles qui assurent la glissance, le traitement de surface, la soudabilité ou encore l’aspect visuel. En les maintenant en matière vierge, on garantit :
- une qualité d’impression stable
- une soudure constante
- une surface régulière
Le recyclé n’interfère pas avec ces propriétés critiques, car il est isolé dans la structure.
… Et répondre aux contraintes du contact alimentaire
Dans le cas des films à contact alimentaire, les exigences réglementaires sont particulièrement strictes, notamment en matière de migration. La coextrusion permet de maintenir une couche interne vierge en contact direct avec l’aliment, tout en isolant la matière recyclée dans la structure. Cette configuration rend possible l’intégration de PCR tout en respectant les contraintes sanitaires, dans les limites autorisées.
Aujourd’hui, c’est l’une des approches les plus crédibles pour concilier sécurité alimentaire et exigences du PPWR.
Atteindre les objectifs du PPWR sans compromettre l’usage
Le PPWR impose des seuils progressifs de matière recyclée. Mais intégrer du PCR ne doit jamais se faire au détriment de l’usage réel. La coextrusion permet d’ajuster finement la structure du film :
- en concentrant le recyclé dans certaines couches
- en adaptant l’épaisseur relative de chaque couche
- en optimisant le pourcentage global
Un film multicouche peut ainsi atteindre les seuils réglementaires tout en conservant ses performances terrain. La coextrusion devient un véritable outil de conformité sans compromis sur l’efficacité.
Coextrusion et recyclabilité : un point souvent mal compris
Multicouche ne signifie pas forcément multi-matériau.
Un film coextrudé en polyéthylène reste recyclable tant qu’il est constitué d’une seule famille de polymères.
Il est ainsi possible de combiner différentes variantes de polyéthylène, vierge et recyclé, tout en conservant la compatibilité avec les filières de recyclage. C’est un avantage majeur face à des structures complexes multi-matériaux.
Le recyclé, oui… mais pas n’importe comment
La coextrusion ne sert plus uniquement à améliorer la performance d’un film.
Dans le contexte réglementaire actuel, elle devient un levier stratégique pour intégrer la matière recyclée de manière maîtrisée, sans compromettre l’usage.
Atteindre les objectifs du PPWR n’est pas qu’une contrainte.
C’est un défi d’ingénierie matière.
Et comme souvent en industrie, la solution ne tient pas à la matière seule, mais à la façon dont on la structure.
Penser recyclé sans compromis
Échangeons autour d’une structure film adaptée à vos contraintes techniques, réglementaires et terrain.